Chimio et alimentation : que manger pendant le traitement pour garder ses forces

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Chimio et alimentation : que manger pendant le traitement pour garder ses forces

Vous êtes au début d'un traitement de chimiothérapie, ou vous accompagnez quelqu'un qui l'est. Et cette question revient sans cesse : que manger pendant la chimio sans aggraver les nausées, sans perdre trop de poids, sans faire une erreur qui complique tout ? Vous cherchez une réponse honnête, pas une liste froide d'aliments interdits copiée d'un manuel médical.

Vous êtes au bon endroit. Chez Perruque-Club, on accompagne des personnes en traitement depuis des années. On sait que la perruque n'est qu'une partie de ce que traverse quelqu'un sous chimio. La fatigue, les changements de goût, l'assiette qu'on ne finit plus : c'est une réalité que beaucoup vivent en silence.

Cette page ne remplace pas votre oncologue ni votre diététicienne. Mais elle vous donne des repères concrets, validés, et surtout adaptés à la vraie vie. Parce que la vraie vie, c'est souvent se retrouver face à un frigo à 19h, sans faim, sans force, sans idée.

⭐ À retenir

  • La chimio modifie le goût, l'appétit et la tolérance digestive : vos besoins changent, votre alimentation aussi
  • L'objectif numéro un est de préserver votre masse musculaire et votre immunité, pas de manger "sain" au sens classique
  • Certains aliments et boissons peuvent interagir avec les médicaments : le pamplemousse en est l'exemple le plus connu
  • Fractionner les repas en 5 à 6 petites prises par jour aide souvent mieux qu'un régime strict
  • L'alimentation pendant la chimio se règle au cas par cas : un accompagnement diététique personnalisé reste la meilleure option

Voici ce que vous allez trouver ici : les aliments qui soutiennent votre corps pendant le traitement, ceux qui posent problème, des stratégies concrètes pour chaque effet secondaire fréquent, et des repères pour ne pas se perdre dans les contradictions qu'on lit partout.

Après cette lecture, vous saurez quoi mettre dans votre assiette demain matin, et comment adapter vos repas selon ce que vous ressentez jour après jour. C'est parti.

Pourquoi la chimiothérapie change votre rapport à la nourriture

La chimiothérapie agit sur toutes les cellules à division rapide de l'organisme, y compris celles qui tapissent la muqueuse digestive, les papilles gustatives et les glandes salivaires : c'est pour ça que manger devient soudainement compliqué, douloureux ou simplement sans intérêt.

Beaucoup de patients décrivent un goût métallique permanent dans la bouche. D'autres ne supportent plus l'odeur de cuisson qui envahit la cuisine. Certains ont une bouche sèche qui rend la mastication difficile. Et presque tout le monde connaît au moins quelques jours de nausées, surtout dans les 48 à 72 heures après la séance.

Ces effets secondaires ne sont pas des caprices. Ils sont la conséquence directe de mécanismes biologiques précis. Les comprendre permet de s'y adapter sans culpabiliser quand on ne finit pas son assiette.

Le risque nutritionnel pendant un traitement oncologique

La perte de poids involontaire est fréquente sous chimiothérapie. Quand le corps reçoit moins de calories et de protéines qu'il n'en dépense pour se réparer et lutter, il puise dans la masse musculaire. Cette fonte musculaire s'appelle la sarcopénie, et elle peut réduire la tolérance au traitement, ralentir la récupération et fragiliser le système immunitaire.

L'enjeu n'est donc pas de manger "léger" ni de suivre un régime anti-cancer miraculeux. L'enjeu, c'est de couvrir vos besoins en calories et en protéines, même imparfaitement, même certains jours difficiles.

Petits plats protéinés et doux conseillés pendant la chimiothérapie : riz blanc, yaourt, oeuf poché, soupe de lentilles
Des assiettes petites mais denses en protéines, c'est souvent la clé pour traverser les jours difficiles.

Les besoins qui augmentent pendant la chimio

Votre corps est en état de stress physiologique. Ses besoins en protéines augmentent : elles servent à réparer les tissus abîmés et à fabriquer les cellules immunitaires. Les besoins en hydratation augmentent aussi, parce que certains médicaments sont éliminés par les reins et nécessitent une bonne dilution. Les besoins en micronutriments restent élevés, même si votre appétit, lui, a chuté.

Voilà le paradoxe central de la nutrition sous chimio : plus vos besoins augmentent, moins vous avez envie de manger.

💡 Le savais-tu ?

Le goût métallique ressenti par beaucoup de patients sous chimio a un nom : la dysgeusie. Il est provoqué par l'action des médicaments sur les cellules des papilles gustatives. Pour beaucoup, manger avec des couverts en plastique ou en bois réduit cette sensation désagréable, car le métal amplifie le phénomène.

Les aliments à privilégier quand on suit une chimiothérapie

Il n'existe pas une liste universelle d'aliments "bons pour la chimio", parce que chaque traitement, chaque organisme et chaque effet secondaire appelle une adaptation différente : mais certaines catégories d'aliments reviennent systématiquement comme bien tolérées et nutritionnellement précieuses.

Les protéines : la priorité absolue

Les protéines sont le pilier de la récupération cellulaire. Parmi les sources les mieux tolérées : les œufs cuits (brouillés, mollets, pochés), le poulet et la dinde cuits doucement, le poisson blanc vapeur ou poché, les lentilles et pois chiches si vous les digérez bien, le yaourt nature et le fromage frais type ricotta ou faisselle.

Si mastiquer est douloureux, les smoothies protéinés (lait, yaourt grec, banane, protéine de whey ou de pois) sont une alternative efficace. On peut aussi enrichir les soupes avec de la poudre de lait ou un blanc d'oeuf battu : la texture change à peine, l'apport protéique double.

Les glucides doux pour l'énergie sans irritation

Le riz blanc, les pâtes bien cuites, la semoule, la pomme de terre vapeur ou en purée : ces aliments sont facilement digestibles, pauvres en fibres irritantes et riches en énergie. On les appelle parfois "glucides de confort" et ils ont toute leur place dans une assiette sous chimio.

La baguette blanche, la biscottes, le pain de mie : oui aussi, surtout si vous traversez une période de nausées ou de mucite (inflammations buccales). Ce n'est pas le moment de s'imposer du pain complet ou des graines si votre tube digestif est irrité.

Les graisses utiles, pas les graisses lourdes

L'huile d'olive, l'avocat, les amandes en poudre, le beurre en petite quantité : ces lipides apportent des calories denses sans surcharger la digestion. À l'inverse, les fritures, les sauces crémeuses très riches et les aliments très gras peuvent accentuer les nausées.

Ajouter une cuillère d'huile d'olive ou une noix de beurre dans une soupe ou une purée est un geste simple pour augmenter l'apport calorique sans augmenter le volume de l'assiette.

Légumes cuits et doux adaptés à l'alimentation sous chimio : carottes vapeur, purée, courgette, banane mûre
Cuits, épluchés, mixés : les fruits et légumes gardent toute leur valeur nutritive sous des formes plus douces.

Les fruits et légumes, avec discernement

Les fruits et légumes sont précieux pour leurs vitamines, minéraux et antioxydants. Mais pendant les périodes difficiles, on préfère les versions cuites, épluchées et mixées aux versions crues et fibreuses. La compote de pomme sans sucre ajouté, la carotte vapeur, la courgette bien cuite, la banane bien mûre : bien tolérées et nutritives.

Les légumes crucifères crus (brocoli, chou, radis) peuvent provoquer des ballonnements chez des intestins déjà sensibilisés. Cuits et en petite quantité, ils sont en général mieux acceptés.

Aliments et boissons à éviter pendant la chimiothérapie

Certains aliments ne sont pas interdits parce qu'ils sont "mauvais pour la santé" en général, mais parce qu'ils présentent un risque spécifique pendant le traitement : risque infectieux, risque d'interaction médicamenteuse, ou risque d'aggraver des effets secondaires déjà présents.

Le risque infectieux : une priorité pendant la phase de neutropénie

Quand votre taux de globules blancs chute (neutropénie), votre système immunitaire ne peut plus se défendre contre les bactéries alimentaires. C'est une fenêtre de vulnérabilité qui peut durer quelques jours après chaque cycle.

Pendant ces périodes, les aliments à risque bactériologique deviennent une vraie menace :

  • Viandes et poissons crus ou peu cuits (tartare, carpaccio, sashimis, saumon fumé à froid)
  • Charcuteries crues (jambon cru, saucisson, rillettes en conserve ouverte depuis plusieurs jours)
  • Fromages à pâte molle et croûte fleurie (camembert, brie, roquefort, chèvre frais au lait cru)
  • Œufs crus ou peu cuits (mayonnaise maison, tiramisu, mousse au chocolat traditionnelle)
  • Graines germées, pousses de soja fraîches
  • Jus de fruits frais pressés non pasteurisés

Votre équipe soignante vous indiquera précisément les jours où votre immunité est au plus bas. Ces précautions ne sont pas permanentes : elles s'appliquent à des phases spécifiques du traitement.

Le pamplemousse et ses cousins : l'interaction médicamenteuse à connaître

Le pamplemousse (et dans une moindre mesure la bergamote, la mandarine Seville, et certains agrumes exotiques) contient des composés qui inhibent une enzyme hépatique clé, le CYP3A4. Cette enzyme métabolise de nombreux médicaments chimiothérapiques. Quand elle est bloquée, le médicament s'accumule dans le sang à des concentrations plus élevées que prévu, ce qui peut amplifier les effets toxiques.

C'est une interaction documentée et sérieuse. Évitez le pamplemousse sous toutes ses formes pendant votre traitement : jus, fruit frais, zeste, complément alimentaire. Si vous avez un doute sur d'autres aliments ou plantes médicinales, demandez à votre pharmacien ou à votre oncologue.

L'alcool : un sujet délicat mais clair

L'alcool fragilise le foie, organe central dans l'élimination des médicaments. Il peut interagir avec certains agents chimiothérapiques et aggrave la fatigue et les nausées. La plupart des équipes médicales recommandent de l'éliminer pendant le traitement actif. Ce n'est pas un jugement moral, c'est une question de charge hépatique et de sécurité.

Les compléments alimentaires et plantes sans avis médical

Le curcuma en gélule, la vitamine C à haute dose, les extraits de plantes, les antioxydants concentrés : beaucoup de patients s'y tournent avec la meilleure intention. Mais certains peuvent réduire l'efficacité du traitement ou interagir avec les médicaments. Aucun complément alimentaire ne doit être pris sans en parler d'abord à votre équipe médicale.

Catégorie À privilégier À éviter ou limiter
Protéines Œufs cuits, poulet vapeur, poisson blanc, légumineuses cuites, yaourt grec Viandes et poissons crus, charcuterie crue
Glucides Riz blanc, pâtes bien cuites, purée, biscottes Céréales très fibreuses si mucite ou diarrhées
Fruits et légumes Cuits, épluchés, mixés ; banane, compote, carotte vapeur Pamplemousse, crudités fibreuses en phase sensible, graines germées
Produits laitiers Fromage cuit, yaourt pasteurisé, faisselle Fromages au lait cru, pâtes molles à croûte fleurie
Boissons Eau, tisanes douces, bouillons, eau légèrement gazeuse Alcool, jus de pamplemousse, jus frais non pasteurisés

Comment gérer les effets secondaires alimentaires les plus fréquents

Nausées, perte de goût, mucite, diarrhées, constipation : chaque effet secondaire appelle une stratégie alimentaire spécifique, et connaître ces stratégies à l'avance vous évite de vous retrouver démunis au mauvais moment.

Quand les nausées coupent l'appétit

Les nausées sont souvent les plus intenses dans les 24 à 72 heures après la séance. Quelques gestes qui aident :

  • Manger froid ou à température ambiante : les odeurs de cuisson chaude amplifient les nausées. Un yaourt froid, du fromage blanc, des biscottes : pas de vapeur, pas d'odeur.
  • Fractionner les prises : 5 à 6 petits repas au lieu de 3 grands. Un ventre trop plein aggrave les nausées.
  • Éviter les aliments très sucrés, très gras ou très épicés juste après la séance.
  • Boire entre les repas, pas pendant : le liquide au milieu du repas peut augmenter la sensation de lourdeur.
  • Le gingembre (en tisane légère, en biscuit, en bonbon) est souvent bien toléré et peut atténuer les nausées légères. Renseignez-vous auprès de votre équipe avant d'en consommer en grande quantité.

Le goût qui change tout

La dysgeusie rend certains aliments amers, métalliques ou carrément sans saveur. Pour contourner ce problème :

  • Mariner les viandes avec du citron, des herbes fraîches, de la moutarde : ces saveurs tranchées "court-circuitent" parfois le goût métallique.
  • Utiliser des couverts en plastique ou en bois.
  • Choisir des aliments froids plutôt que chauds : les saveurs sont moins intenses à basse température, ce qui peut être plus supportable.
  • Rincer la bouche avec de l'eau bicarbonatée avant les repas (une pincée de bicarbonate dans un verre d'eau) : ça neutralise l'acidité buccale et atténue le goût métallique.

La mucite : quand la bouche est douloureuse

La mucite est une inflammation des muqueuses buccales qui peut rendre la mastication très douloureuse. Dans ce cas, l'alimentation doit être intégralement molle et non irritante :

  • Purées lisses, potages mixés, smoothies sans acidité
  • Entremets, crème dessert, flan
  • Poisson vapeur émietté, œuf brouillé
  • Éviter absolument : les agrumes, la tomate crue, le vinaigre, l'alcool, les épices, les aliments croquants ou durs

La mucite est temporaire. Elle se résout généralement entre deux cycles. L'objectif est de maintenir un minimum d'apport calorique et protéique pendant cette période, même si c'est difficile.

Diarrhées et transit accéléré

Certains protocoles chimiothérapiques perturbent le transit. En cas de diarrhées :

  • Boire beaucoup pour compenser les pertes en eau et en minéraux (eau, bouillons salés, eaux minérales)
  • Adopter temporairement un régime pauvre en fibres : riz blanc, carottes cuites, banane, pomme cuite sans peau
  • Éviter le lait entier, les céréales complètes, les légumes crus et les jus de fruits
  • Le yaourt nature (avec ferments lactiques) est en général bien toléré et peut aider à rééquilibrer la flore intestinale

La constipation : l'autre face du tableau

Certains antiémétiques et antidouleurs provoquent une constipation. Pour y remédier sans aggraver un transit déjà sensible :

  • Augmenter progressivement les fibres douces : pruneaux cuits, poires, flocons d'avoine cuits
  • Boire suffisamment d'eau tout au long de la journée
  • Bouger doucement si votre état le permet : même une courte marche favorise la motilité intestinale

Stratégies pratiques pour maintenir son apport nutritionnel au quotidien

Manger quand on n'a pas faim, quand tout a mauvais goût et quand la fatigue écrase : c'est un défi réel, pas une question de volonté. Ces stratégies visent à contourner les obstacles sans se battre contre son propre corps.

Fractionner plutôt que forcer

Passer de trois repas à cinq ou six petites prises par jour est souvent plus facile à gérer physiquement. Un petit déjeuner léger, une collation à 10h, un déjeuner réduit, un goûter nutritif, un dîner petit mais protéiné : ça permet de maintenir un apport correct sans jamais avoir besoin de "forcer" un grand repas.

L'assiette à moitié pleine ne doit pas être une source de honte. Si vous mangez six fois par jour en petites quantités, les assiettes à moitié vides n'ont aucune importance.

Enrichir sans augmenter le volume

C'est probablement le conseil le plus utile pour maintenir l'apport calorique sans augmenter les portions :

  • Ajouter une cuillère de beurre ou d'huile d'olive dans les purées et soupes
  • Mélanger de la poudre de lait entier dans les potages et crèmes
  • Ajouter du fromage râpé ou de la crème fraîche dans les plats chauds
  • Choisir le yaourt grec plutôt que le yaourt nature classique (deux fois plus de protéines)
  • Intégrer de la poudre d'amande dans les compotes ou les smoothies

L'hydratation : souvent négligée, toujours critique

Une bonne hydratation protège les reins qui éliminent les médicaments, réduit la fatigue et aide à maintenir la tension artérielle. L'objectif habituel est d'environ 1,5 à 2 litres de liquide par jour, mais votre équipe médicale peut adapter cette recommandation selon votre traitement.

L'eau plate n'est pas la seule option. Les tisanes légères (menthe, verveine, camomille), les bouillons de légumes, les eaux légèrement gazeuses, les jus de fruits dilués et pasteurisés : tout cela compte dans le bilan hydrique.

Si boire vous soulève le coeur, essayez les glaçons à sucer lentement, ou les sucettes glacées maison à base de jus de fruit dilué.

Anticiper les mauvais jours

Dans les jours qui précèdent une séance de chimio, beaucoup de patients mangent mieux. C'est le moment d'en profiter pour constituer des réserves : cuire en grande quantité, congeler en petites portions, préparer des smoothies ou des soufflés protéinés à l'avance. Les jours difficiles qui suivent la séance, vous n'aurez qu'à décongeler.

Repas préparés à l'avance et congelés en petites portions pour les jours difficiles sous chimio
Préparer en avance pendant les bons jours, c'est le geste le plus concret pour traverser les lendemains de séance.

Impliquer les proches sans surcharger

Les proches veulent aider, souvent par la nourriture. Ce geste d'amour peut devenir une pression involontaire ("tu n'as presque rien mangé"). Quelques mots pour désamorcer cela peuvent être utiles : "Je mange en plusieurs fois, ne t'inquiète pas si mon assiette est petite." Et si vous êtes le proche qui cuisine : préparez simple, proposez sans insister, et valorisez chaque bouchée mangée sans en faire un événement.

Les compléments nutritionnels oraux : quand l'alimentation ne suffit plus

Quand l'alimentation orale ne permet plus de couvrir les besoins malgré tous les efforts, les compléments nutritionnels oraux (CNO) constituent un soutien médical reconnu : il ne s'agit pas d'un aveu d'échec, mais d'un outil thérapeutique à part entière.

Ces produits (souvent appelés "boissons hypercaloriques" ou parfois sous des noms commerciaux spécifiques) sont prescrits par votre équipe médicale ou votre diététicienne. Ils existent en version sucrée ou salée, liquide ou semi-solide, et apportent entre 200 et 400 kcal par unité avec un ratio protéines-calories optimisé.

Certaines personnes les trouvent écoeurantes. Dans ce cas, les boire froids, les mélanger à un yaourt ou les consommer en toute petite quantité à la fois améliore souvent la tolérance. Ce n'est pas une obligation de les finir d'un coup.

⚠️ Attention

Si vous perdez plus de 5% de votre poids corporel en moins d'un mois, ou si vous n'arrivez plus à manger pendant plus de deux jours consécutifs, signalez-le immédiatement à votre équipe soignante. Une perte de poids rapide peut justifier une réévaluation nutritionnelle urgente, voire un soutien par voie orale intensive ou entérale. Ne gérez pas cela seul.

Ce que disent les proches : accompagner sans épuiser

Accompagner quelqu'un sous chimiothérapie, c'est aussi apprendre à lâcher certaines habitudes alimentaires familiales pour s'adapter à une nouvelle réalité : et c'est plus difficile qu'il n'y paraît.

Une aidante m'a dit un jour, les yeux fatigués : "Je lui faisais des plats équilibrés et complets à chaque repas. Et il en mangeait deux cuillères. J'ai mis des mois à comprendre que ce n'était pas un rejet."

Si vous êtes le proche qui cuisine : concentrez-vous sur les plats que la personne apprécie encore, même simples. La qualité nutritionnelle passe par ce qui est mangé, pas par ce qui est préparé. Un bol de semoule au beurre entièrement fini vaut mieux qu'un gratin de légumes abandonnés.

Et pour vous-même : ne vous oubliez pas. Votre propre alimentation, votre propre énergie comptent aussi.

Idées de repas et collations faciles pour les jours difficiles

Voici quelques combinaisons testées et appréciées par des patients en cours de traitement : simples à préparer, douces pour le tube digestif, et suffisamment nourrissantes pour tenir entre deux prises.

Petits déjeuners et collations

  • Banane mûre + yaourt grec + miel tiède (pas chaud)
  • Biscottes avec du beurre de cacahuète ou de la poudre d'amande mélangée à du fromage frais
  • Smoothie doux : lait d'amande, banane, flocons d'avoine cuits, poudre de lait entier
  • Fromage blanc sucré avec compote de pomme sans sucre ajouté
  • Riz au lait maison bien cuit et non sucré en excès

Repas principaux légers

  • Soupe de carotte-patate douce-gingembre mixée avec crème fraîche et une pincée de sel
  • Riz blanc + filet de cabillaud vapeur + huile d'olive et persil
  • Purée de pomme de terre enrichie au beurre et lait + oeuf brouillé
  • Pâtes à l'huile d'olive et parmesan râpé (simple, familier, efficace)
  • Semoule fine avec un filet d'huile, une pincée de cumin doux et des pois chiches écrasés

Boissons nutritives

  • Lait entier tiède avec du miel et une pincée de cannelle
  • Bouillon de légumes maison légèrement salé
  • Eau infusée à la menthe fraîche, servie à température ambiante
  • Kéfir de lait dilué (bonne source de probiotiques si bien toléré)

💡 Le savais-tu ?

L'olfaction joue un rôle majeur dans la perception du goût. Beaucoup de patients sous chimio trouvent que les odeurs de cuisson, même agréables, deviennent insupportables. Cuisiner avec une fenêtre ouverte, sortir de la pièce pendant que quelqu'un cuisine, ou opter pour des repas préparés à l'avance et réchauffés à basse température peut faire une vraie différence dans le quotidien.

Consulter une diététicienne oncologique : quand et pourquoi

La diététicienne spécialisée en oncologie est la professionnelle la mieux placée pour adapter votre alimentation à votre traitement précis, votre type de cancer, votre état nutritionnel actuel et vos préférences : c'est un soutien à demander sans attendre d'être en difficulté.

Dans beaucoup d'établissements hospitaliers, une consultation avec une diététicienne fait partie intégrante du parcours de soins oncologiques. Si ce n'est pas encore le cas pour vous, n'hésitez pas à en faire la demande à votre oncologue ou à votre médecin traitant.

Une consultation diététique peut vous aider à :

  • Évaluer votre statut nutritionnel de départ (poids, IMC, masse musculaire)
  • Définir vos objectifs caloriques et protéiques selon votre traitement
  • Adapter les recommandations aux effets secondaires que vous traversez
  • Décider si des compléments nutritionnels oraux sont utiles
  • Vous donner des outils concrets : menus, recettes, équivalences

Votre alimentation n'est pas un domaine secondaire pendant le traitement. C'est un facteur qui influence votre tolérance à la chimio, votre récupération entre les cycles, et votre qualité de vie au quotidien.

"Manger, ce n'est pas une récompense quand on va bien. C'est un soin à part entière quand on ne va pas bien."

Entendu lors d'un échange avec une diététicienne hospitalière

Se sentir soi-même pendant le traitement : bien plus que l'assiette

Vous l'avez compris : l'alimentation pendant la chimio n'est pas une question de régime ni de discipline. C'est une question d'adaptation permanente, de bienveillance envers soi-même, et parfois d'un peu d'astuce pour trouver ce qui passe quand rien ne semble possible.

Vous savez maintenant quels aliments soutiennent votre énergie et votre immunité, lesquels présentent des risques spécifiques pendant le traitement, et quelles stratégies pratiques permettent de traverser les jours les plus durs sans se laisser submerger. Vous êtes capable d'adapter vos repas à chaque effet secondaire, et de transmettre ces repères à vos proches pour qu'ils vous accompagnent avec plus de sérénité.

Et si certains jours vous ne mangez presque rien : ce n'est pas un échec. C'est un mauvais jour. Demain sera différent.

Chez Perruque-Club, on sait que traverser un traitement oncologique touche tous les aspects de la vie, y compris votre rapport à votre image. Si vous portez une perruque pendant cette période, ou si vous vous posez la question, vous trouverez ici des réponses honnêtes et des solutions qui respectent ce que vous traversez vraiment.

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Questions fréquentes sur l'alimentation pendant la chimio

Peut-on manger des fruits et légumes crus pendant la chimiothérapie ?+

Oui, en dehors des phases de neutropénie (chute des globules blancs). Pendant ces phases, les aliments crus présentent un risque infectieux. Votre équipe médicale vous indiquera les jours où ces précautions s'imposent. En dehors de ces fenêtres, les fruits et légumes bien lavés et épluchés restent parfaitement consommables.

Faut-il manger avant une séance de chimiothérapie ?+

En général, oui. Un estomac complètement vide aggrave les nausées. Un repas léger deux à trois heures avant la séance (biscottes, yaourt, banane, riz) est souvent mieux toléré qu'une séance à jeun. Évitez les repas très gras ou très sucrés juste avant. Renseignez-vous auprès de votre équipe selon votre protocole spécifique.

Le sucre "nourrit-il" les cellules cancéreuses ?+

C'est une idée très répandue, mais les choses sont plus complexes. Toutes les cellules du corps utilisent le glucose comme carburant, y compris les cellules saines. Supprimer totalement le sucre ne "prive" pas les cellules tumorales d'une façon sélective, et risque surtout de vous faire perdre du poids et de l'énergie nécessaires. Un apport raisonnable en glucides fait partie d'une alimentation équilibrée pendant le traitement. Parlez-en à votre diététicienne oncologique.

Peut-on boire du café ou du thé pendant la chimio ?+

Généralement oui, en quantité modérée, sauf si votre équipe vous le déconseille pour votre protocole spécifique. La caféine peut aggraver l'insomnie et certaines nausées. Le thé vert en grande quantité peut avoir des interactions avec certains médicaments. Un café léger le matin est souvent bien toléré. Restez à l'écoute de ce que votre corps vous dit.

Quand reprend-on une alimentation normale après la chimio ?+

La récupération de l'appétit et du goût varie selon les personnes et les traitements. Beaucoup de patients retrouvent une alimentation proche de la normale dans les semaines à mois suivant la fin du traitement. La muqueuse digestive se régénère, les papilles gustatives récupèrent progressivement. Une diététicienne peut vous accompagner dans la phase de "re-alimentation" pour reprendre du poids et de la masse musculaire en douceur.


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